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mardi 27 décembre 2011

Violences faites aux femmes qui sont d'ailleurs reléguées au second rang en Israël.

Violences d'ultra-orthodoxes : la polémique enfle (Intégrisme n'est pas propre à une religion seulement)



   La vague de violences du milieu ultra-orthodoxe continue de choquer le public israélien. Un homme soupçonné d’avoir lancé une malédiction et d’avoir craché sur une femme religieuse dans la ville de Beit Shemesh a été arrêté samedi 24 décembre au soir.


Selon l’acte d’accusation, plusieurs hommes ont attaqué Alisa Coleman alors qu’elle aidait des écolières à monter dans le bus en direction de l’école sioniste-religieuse « Orot Banot », réservée aux filles. D’après ses agresseurs, Mme Coleman n’était pas habillée de manière « descente »…
Cette dernière, immigrante britannique et mère de quatre enfants (qui ne sont pas scolarisés dans cet établissement) a été  tellement choquée par les propos tenus par ses agresseurs qu'elle a tenu à escorter les enfants jusqu’à leur école afin de s’assurer de leur sécurité. 
Aujourd’hui, dimanche 25 décembre, une équipe de télévision israélienne de Aroutz 2 qui s’était rendue à Beit Shemesh pour enquêter sur l’arrestation des agresseurs a été elle-même prise à partie par des dizaines d’hommes (200 selon le témoignage des victimes).

Des pierres ont été jetées contre la jeep de la chaîne et une caméra a été détruite au cours de l’incident. D’après la police et les services de secours venus porter assistance aux journalistes, un photographe a été blessé à la main et a été transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins.
Ces évènements interviennent alors qu’il y a quelques jours des dizaines d’ultra-orthodoxes avaient bloqué le départ d’un bus public pour contraindre une femme à s’assoir à l’arrière plutôt que devant les hommes.
Condamnation franche et unanime des autorités politico-religieuses. 
 
Ces affaires ont provoqué la colère du milieu politique et la condamnation unanime des Grands rabbins d’Israël ainsi que de toutes les autorités sionistes religieuses du pays.

« La police doit arrêter ces psychopathes et les mettre derrière les barreaux », a déclaré le ministre des Finances Youval Steinitz qui a également demandé au ministre de l’Intérieur Elie Yshai de contraindre le maire de Beit Shemesh à retirer les panneaux indiquant aux femmes dans quelles rues elles ont le droit de marcher.
« Israël est une démocratie libérale, tous les espaces publics doivent êtres ouverts et sûrs pour l’ensemble des citoyens, hommes et femmes », a de son côté assuré le Premier ministre Benyamin Netanyahou à l’ouverture du Conseil des ministres du 25 décembre.
« Il n’y a pas de place en Israël pour la discrimination. La police arrêtera ceux qui crachent, lèvent la main et agressent », a-t-il ajouté.


21 ultra-orthodoxes coupables d'agressions contre des femmes dans la région de Beit Shemesh ont d'ailleurs été arrêtés par les forces de sécurités. 9 d'entre eux ont été inculpés. 

 
« Les ultra-orthodoxes extrémistes doivent être traités comme des gauchistes anarchistes et comme des jeunes d’extrême-droite, c’est-à-dire par la manière forte », a renchéri Uzi Landau, le ministre de l’Eau et de l’Energie.
L’opposition a également vivement condamné ces incidents avec, parfois, des tentatives de récupération politique. Le parti Kadima (« en avant » en hébreu) a ainsi lancé une campagne d’affichage sur des bus de Tel Aviv sur lesquels on peut y lire : « Nashim MéKadima », « Les femmes à l’avant ». Un slogan mêlant à la fois programme et un brin d' opportunisme.