Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012.
Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien Notre voie dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara.
«En Afrique centrale, c’est à
Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses
homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre
source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que
le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa
grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade
lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.
Comme on peut s’en douter, cette mesure
de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce
moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers
ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui,
selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy,
de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit
tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers
cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de
la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce
qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle
seule financer les déficits de cette zone.
Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA
peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ?
Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a
menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la
France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et
autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à
l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de
diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du
monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas
de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble
dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été
réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés.
Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour
acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe
forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que
nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise
(euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de
produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de
l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché
français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises
par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela
l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute
impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de
trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son
déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec
cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit
français.
Comme en janvier 1994, lors de la
première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront
encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de
dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de
FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels
chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant
pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser
non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette
des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de
façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines
qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à
rembourser des dettes.
Depuis que Ouattara est parvenu au
pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne
font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier
prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que
si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de
l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés,
riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro.
Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs
devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc
gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va
suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur
aux pauvres populations africaines !
Abdoulaye Villard Sanogo
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